Tanaka Bussan, l'élasticité parfaite
Sur l'île de Shikoku, une famille pétrit les nouilles avec les pieds. Comme on l'a toujours fait.

Le Sanuki udon est l'udon par excellence : plus épais, plus mordant, plus blanc. Sur l'île de Shikoku, dans la préfecture de Kagawa, Tanaka Bussan continue depuis quatre générations le travail du udon traditionnel. Pétrissage au pied. Repos de huit heures. Découpe au couteau de bois.
La pâte de Tanaka Bussan a trois ingrédients : farine de blé tendre, eau, sel marin. Rien d'autre. La proportion est gardée secrète depuis 1923. Mais ce que la famille partage, c'est la méthode du foot kneading — ashibumi : enveloppée dans un tissu, la pâte est piétinée pendant 30 minutes, jusqu'à ce qu'elle développe son réseau de gluten unique.

L'histoire
Le secret n'est pas dans la force, c'est dans le rythme. Les pieds doivent traverser la pâte comme une vague, par cycles de trois pas. Les nouilles obtenues ont une élasticité que les machines industrielles n'arrivent jamais à reproduire — un mordant qui résiste à l'eau bouillante.
« Une nouille qui ne vous oppose pas de résistance, ce n'est pas du Sanuki. »

Le terroir
Kagawa est la plus petite préfecture du Japon, mais celle qui consomme le plus d'udon par habitant. Le climat y est doux, peu pluvieux, avec un ensoleillement supérieur à la moyenne. Les blés tendres y poussent fermes, riches en protéines (12%) — la base du Sanuki authentique.
L'eau utilisée vient des montagnes Shikoku-sanchi, filtrée naturellement à travers des couches de granite. Elle est légèrement minérale, calcaire faible, avec un pH neutre. Idéale pour développer le gluten sans rendre la pâte cassante.


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